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Audience de la Cour d'assises pour braquage - Article Voix du Nord du 5 avril 2013

Le 12 avril 2013

Cambrai: dix-huit ans de prison pour le «cerveau» du braquage d’Escaudœuvres, six ans pour les exécutants

Publié le 05/04/2013

Par La Voix Du Nord

Quatre jours de procès pour trois hommes. C’est le temps qui a été accordé aux jurés et magistrats pour étudier l’affaire du braquage d’Escaudœuvres du 11 février 2009.

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Un braquage dans lequel quatre postiers et onze policiers se sont retrouvés bien malgré eux. Certains en conservent encore de graves séquelles (lire notre édition précédente). Difficile d’énoncer un verdict dans cette affaire complexe.

Pourtant, jurés et magistrats ont dû remplir leur devoir : Karim Laouari a été condamné à une peine de dix-huit ans d’emprisonnement pour tentative de vol avec arme et tentative de meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique, ses deux complices, Hedi Ben Miloud et James Fatol ont été condamnés à six ans pour tentative de vol avec arme.

« Instruction insuffisante, enquête fondée sur des rumeurs, présence d’un ADN inconnu sur les lieux du braquage mais pas de celui de mon client, on ne dirait pas que nous sommes au XXIe siècle, il y a des techniques scientifiques pour prouver la culpabilité de mon client », affirmait Me Dubois lors de sa plaidoirie. Au vu de ces éléments, l’avocat de Karim Laouari a plaidé l’acquittement. Me Dubois, se voulant pédagogue envers les jurés, a rappelé qu’il incombait au ministère public de prouver la culpabilité d’un prévenu. « Or je ne cesse de prouver son innocence, depuis le début de ce procès, je peux jeter mon code de procédure pénale », a-t-il lancé ironiquement à la cour tout en jetant son code.

Faux témoignage ?

Le surnom de Kalach est apparu dans ce dossier grâce aux propos prononcés par l’un des prévenus, puis confirmés par d’autres individus devant les officiers de police judiciaire. Le hic, c’est que tous les témoins cités à la barre, entendus en garde à vue, se sont rétractés devant la cour d’assises. « Mentir en garde à vue ou lorsque l’on est mis en examen n’est pas condamnable, en revanche mentir devant une juridiction c’est cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende, il faut le savoir », a rappelé Me Dubois. Avant de conclure sa plaidoirie: « Les analyses scientifiques révéleront un jour l’identité de l’homme dont l’ADN a été retrouvé sur place. »

Pour James Fatol et Hedi Ben Miloud, le traitement n’a pas été le même. Ils n’ont aucun lien avec le grand banditisme et il ne fait aucun doute qu’ils n’ont pas le profil « classique » du voyou. Même l’avocat général en a fait part dans ses réquisitions : « Vous avez été embarqués dans un monde avec lequel vous n’avez rien à voir. » Mais Christophe Kapella n’excuse pas pour autant leur geste : «Au nom de quoi votre liberté serait-elle plus importante que celle des hommes que vous avez menacés ? Vous avez vu cette victime à la barre, elle a cru mourir, personne n’a jamais aussi bien incarné les dires de Paul Valéry dans son poème, le cimetière marin : Le vent se lève… Il faut tenter de vivre ! » L’avocat général a requis de 15 à 18 ans à l’encontre de Karim Laouari, 8 ans contre Hedi Miloud et 6 ans contre James Fatol, le dernier homme de la bande embarqué, la veille, dans ce braquage.

Embarqué, c’est le mot. L’avocate d’Hedi Ben Miloud, Me Benmouffok compare même les deux prévenus à « des chevaux embarqués dans une course avec des œillères ». Avant de préciser : « La veille du braquage, ils ne savaient pas ce qu’ils allaient faire, ni où, ni comment, seul le troisième homme savait, il était le cerveau des opérations. »

L’avocate des postiers a rappelé à quel point il était dangereux de banaliser les braquages au motif qu’ils sont plus fréquents. « Votre geste a des conséquences irréversibles sur les vies professionnelles et personnelles de ces postiers, il faut que vous en ayez conscience. »

Après l’énoncé du verdict, les trois hommes ont été transférés, sous mandat de dépôt, à la maison d’arrêt de Douai. Leurs avocats ont dix jours pour faire appel.

K. J.

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